mercredi 17 décembre 2014

Club littéraire Tierno Monénembo de Télimélé, Un rendez-vous de jeunes prodiges


Retour sur un parcours exemplaire

Le CLTM à l'àccasion de l'anniversaire de la francophonie, 20 mars 2014

En Guinée, dans la préfecture de Télimélé, il existe une structure de jeunes dite Club Littéraure Tierno Monénembo (CLTM). C’est un club mis en place par une dizaine de jeunes qui venaient fraîchement d’être admis au lycée Ley-wendou de Télimélé. Nous sommes en 2009, au premier trimestre de cette année qui restera toujours marquante dans les souvenirs de bon nombre d’entre eux. Le lycée Ley-Wendou baignait dans un manque considérable de professeurs. Alors, que faire pour compenser ce manquement qui risque d’affecter la formation des pauvres enfants ? La reponse fut vite trouvée par l’un des rares professeurs de français du lycée d’alors, M. Mory Komora, l’ami incontestable de tout bon élève. Il proposa à l’élite (comme on aimait appeler les membres du CLTM)  
de mettre en place une unité lui permettant de produire, gérer et partager du savoir. L’idée n’était que la bienvenue. Un club fut vite mis en place. Et, le 10 mars 2009, dans un après-midi ensoleillé, fut tenue la première assemblée générale du CLTM. D’où la date retenue pour son anniversaire. A noter que le nom Tierno Monénémbo n’était pas venu au hasard. Le prix Renaudot décerné à l’auteur guinéen en 2008, pour son ouvrage « Le roi de Kahel » permit à son nom de remporter le vote entre plusieurs autres de ses compatriotes auteurs d’œuvres littéraires.

 Le club était né. C’est plutôt facile. Mais, les objectifs, les atteindre ne sera pas autant aisé. Le grand paradoxe était que, mêmes certains membres de la direction du lycée _ pourtant censés contribuer à l’émancipation du CLTM _ tentaient coûte que coûte à couper le blé en herbe. Parmi les moyens utilisés, intimider les enfants en menaçant leur avenir. Thierno sadou Haby Diallo, membre fondateur, premier président du CLTM, se souvint toujours de la menace qui lui a fait peur jusqu’à l’obtention de son baccalauréat en 2011. C’est quand l’un des premiers responsables de l’établissement l’avait appelé dans son bureau pour lui dire ceci : «  C’est toi qui recrute des mercenaires pour brûler le lycée ? Je sais que c’est toi le meneur. Mais toi et moi, on se verra. Cela engendrait la peur qui venait s’ajouter au manque d’expérience auquel notre jeune « élite » était confrontée. La seule source de documentation était la bibliothèque préfectorale qui les a, quand bien même, permise de lire les auteurs de leur programme et de prendre largement connaissance des ouvrages de leur idole, Tierno Monénembo. Abdoulaye Gheto Diallo, membre fondateur et premier secrétaire général du CLTM, reconnait: « grâce à la bibliothèque on a pu apprendre des choses, dont je ne sais  pour quelle raison, on ne nous a pas enseignées en classe. Comme les techniques rédactionnelles littéraires, administratives etc. On y a découvert également de grands journaux et revues, des documents nous ayant facilement amené à préparer nos thèmes de conférence et améliorer notre vocabulaire. »

En 2009, vers la fin de l’année scolaire, le CLTM organise sa première activité culturelle. Une conférence-débat dont le thème portait sur le déracinement et l’exode rural. Malgré les maigres moyens des pauvres enfants, tout était bien organisé et un riche menu était sur la table. Mais, aucun invité (élève, professeur, ou directeur) ne fit acte de présence. Le seul prof qui était là est M. Komora, le parrain du CLTM. A ne donc pas compter parmi les inviter, bien sûr. Les enfants on du mal à comprendre pourquoi une telle chose.

Les vacances arrivent et leur donnent suffisamment du temps pour apprendre à corriger le passé. A l’ouverture, ils reviennent avec un plan d’action de neuf activités soit une cérémonie culturelle chaque moi. Quelle détermination ! A l’issue de l’année, compte tenue des programmes en classe et quelques petites difficultés, le plan d’action n’était pas à 100% respecté mais l’essentiel fut fait. Trois activités de grandes envergures restent à retenir :

-la sortie sur le collège-lycée du district de Poré-kiré suivie de la visite de la grotte de Ley Legguel. La conférence-débat sur la violence en milieu scolaire frappa de plein cœur les adolescents villageois ;

-Le concours de poésie inter école  sur l’unité nationale regroupa tous les grands établissements de la commune urbaine de Télimélé et environs, et ;

-La fête de la francophonie, que d’ailleurs, le CLTM ne manque plus tous les 20 mars, attira l’attention du maire de la commune urbaine, Alpha Oumar Bantaya Bah, membre de l’association des maires francophones.
Le CLTM occupait déjà le devant de la scène culturelle de Horé Wéliya. Les demandent d’adhésion affluent et le CLTM est installé sur plus de 5 établissements publics et privés. Les textes juridiques rédigés par l’ami incontestable du CLTM, le professeur de chimie Amadou Djogo Barry permit, de mettre le maximum d’ordre en son sein et ne purent continuer à se soumettre à ses exigences que les membres les plus fidèles. Et, le club Monénembo est doté de son agrément. La diplomatie du proviseur du lycée Ley-wendou, M. S. Oumar Barry permit au CLTM de gagner la bonne place à la préfecture et à la mairie.

Ainsi, au sein même du lycée Ley-Wendou naissent d’autres structures concurrentes. Et celles qui acceptent de rendre au CLTM son droit d’aînesse, comme le Club les amis du Livre, évoluent avec lui en clubs frères. Même si les idées incontournables du professeur de littérature et actuel censeur du lycée Ley-Wendou, favorisa le club ainé à hisser très haut son drapeau. A noter que tout ceci à été faciliter par l’appui considérable de Madame Aminata Camara, directrice de la radio rurale locale. Le club littéraire se fait également entendre par la voix des ondes.

Toute chose est appelé à passer. Cette première génération devait, au début de l’année scolaire 2010-2011, céder sa place à une autre. La relève est bien préparée. Thierno Ismaila Diallo, deuxième président du CLTM, dresse une équipe dynamique qui parie de travailler plus que la première. « C’est un grand honneur pour moi de prendre la commande d’une si importante structure ». Avait-il déclaré lors de sa prise de fonction. Les thèmes les plus marquants sont renvoyés devant le public. C’est le cas de celui qui sera longtemps d’actualité : Les problèmes de l’élève guinéen en général et celui de Télimélé en particulier. « Un thème délicat.» Avaient reconnus les membres de la DPE, direction préfectorale de l’éducation, qui donnèrent la promesse de revoir les conditions des élèves non seulement mais celles des enseignants aussi.  
Aujourd’hui, le club littéraire Tierno Monénembo est détenu par la troisième génération. Alpha Amadou Diallo, actuel président, oriente ses activités sur plusieurs domaines. Notamment, l’assainissement des endroits publics comme l’hôpital préfectoral tout récemment. Un acte grandement significatif en cette période de crise sanitaire due à l’épidémie à  virus ébola qui n’a pas épargné la pauvre préfecture.

Chaque activité que mène le CLTM devient un objectif réussi. Mais il reste encore beaucoup à faire. Deux grands objectifs à long terme sont sur le registre : la création d’un journal au nom de la préfecture et d’une bibliothèque scientifique numérisée.

 Courage !





1 commentaire:

  1. c'est bien de faire des organisations pareille et surtout bonne chance frère.

    RépondreSupprimer