A l’extrême droite de l’atelier, se trouve un engin blanc, une sorte d’hélicoptère. Il symbolise plusieurs années de travail de ce jeune homme qui a abandonné l’école pour sa ‘’science’. Il en est à sa troisième tentative. A chaque fois, il a démonté pièce par pièce le prototype et a à nouveau coupé, soudé, assemblé. « Je ne parvenais pas à concevoir l’appareil dont j’ai toujours rêvé ; celui-ci, je l’ai fabriqué l’an passé », explique-t-il la mine sereine.
Le maître de l’atelier éteint le moteur qui alimente le coin.Plus de ronronnement. Alhassane avance et ouvre les portes de son hélico. Durant les 12 mois que sa conception, l’inventeur y jetait un coup d’œil chaque matin pour ajuster une partie ou modifier uen autre. A l’intérieur de l’hélico, un seul siège, un tableau de bord couvert de boutons. En bas du fauteuil, deux morceaux de tôles en rouge bien disposés en guise de pédales. Le jeune s’y installe. Il explique le rôle de chaque composante de sa machine. Il commence par les boutons rouges, jaunes, noirs… Au niveau de sa tête l’inventeur montre un crochet en nickel servant à changer la direction de l’appareil une fois dans les nuages. Il insiste ensuite sur l’importance d’une barre de fer au milieu du tableau. « Elle maintient la pression et l’équilibre de l’engin », précise-t-il.
Ensuite, il sort deux hélices de l’atelier de soudure. Les monte tour à tour sur les deux ailes. « Pas besoin d’essence pour qu’elles tournent », assure-t-il. Que manque-t-il alors pour enfin voler ? « Une dynamo et des batteries de véhicule», regrette-t-il les bras croisés. Il se déplace autour de son œuvre, sourit. Il rêve déjà au prochain modèle qu’il créera.
Pendant ce moment, le soleil est au zénith. Le vacarme du grand marché de la localité, parvient dans l’atelier. Sur le petit sentier les passants contemplent le modeste enchevêtrement de métal. « C’est vraiment ingénieux », s’exclame une jeune dame.
Source: Tremplin.info