lundi 29 décembre 2014

Mamadou Samba Sow, Portrait d’un jeune prodige

Mamadou Samba Sow
Né à Conakry, en 1982, Mamadou Samba Sow est originaire du Foutah Djallon. C’est dans son village natal, Bantighuêl, dans pita qu’il fit ses études coraniques. C'est aprés cela qu'il revient à Conakry et se fait inscrire à l’école primaire du camp de la garde républicaine, à la Camayenne. Il n’y fera que les 3 premières années du primaire avant de transférer à l’école primaire de 
Koloma. C’est là qu’il fera également son premier cycle du sécondaire, le collège, avant d’être admis au lycée de Kipé.

Nous sommes en l’année scolaire 2002-2003. Comme beaucoup d’établissement de Conakry et de l’intérieur du pays d’alors, le lycée de Kipé connaissait à son tour un quotidien teint de toutes les violences. Cette atmosphère ne plaisait pas du tout à notre prodige.
C’est pour quoi en 2004, « pour redorer l’image du lycée de Kipé », nous a-t-il confié, il réussit, avec l’aide de quelques amis, de mettre en place la Plume Plus. Un journal.

Le but était de réorienter l’esprit des jeunes vers le sérieux et le rêve de la réussite. Nos apprentis journalistes produisent et éditent leur œuvre tous les mois. La plume plus devient le premier mensuel scolaire et universitaire de Guinée. Malgré les difficultés liées au manque d’expérience et de moyens financiers des pauvres, le journal survit tout de même grâce à l’amour qu’ils ont pour leur produit.

A côté de cet autre défi, il y avait le plus important pour tout jeune lycéen : celui de décrocher son baccalauréat. Ce fut chose faite. Le système LMD n’ayant pas été encore instauré, Samba Sow devait passer le concours d’entrée à l’université. Mais il échoue à sa première expérience en 2005. Ses activités ne sont quand même pas au ralenti. A la même année il cofonde le club BBC en Guinée. Et c’est au club nouvellement né de trouver l’idée d’unifier tous les autres clubs de la radio africaine. Samba et ses pairs mettent en place le RAC. Réseau Africain des Clubs BBC.

L’année suivante il est admis à l’université privé Mercure d’où il sort titulaire d’un diplôme en journalisme de Bac+4. Il n’aura pas tout de suite de l’emploi, mais reste toujours au service de la Plume Plus et continue à y jouer son rôle de rédacteur en chef.

Tapant régulièrement les portes de l’emploi, samba Sow se rappel avoir fait de stage au niveau des radios comme la R.K.S, radio Gingan… En 2011, il est nommé directeur des programmes de radio Wassolon. A la même année est créée radio bonheur. La station qui a le plus de chance de bénéficier de l’expertise de notre jeune prodige. Il y est d’abord employé comme secrétaire à la rédaction puis rédacteur en chef par intérim. Il présente le journal et anime les émissions suivantes : espace éducation, bonheur environnement, avis citoyens.

Aujourd’hui, Mamadou samba sow a pour projet de mettre en place un site pour la Plume Plus en vue de renforcer le format papier du journal, sa page facebook et ses 2 blogs.
Son plus grand rêve est de travailler pour un grand média international. Dans un ton mêlé d’humour il avoue ceci : « le média guinéen ne nourrit pas son homme. »

En guinée beaucoup de journalistes sont d’accord sur ce point. Généralement, travaillant sans contrat l’on risque de perdre son job du jour au lendemain ou pire, la fermeture de l’organe pour lequel l’on se donne corps et âme.  


vendredi 19 décembre 2014

Publier un livre, très facile de nos jours

Découvrez comment publier  vos manuscrits en quelques petites étapes

Je constate que beaucoup de gens, jeunes et adultes, ont le souci de produire et publier des livres. Je trouve l’idée vraiment intéressante. Mais une grande partie n’y parvient pas. Les problèmes sont divers et chacun a les siens ; ceux qui le fatiguent particulièrement.

Dans cet article, je ne vais pas vous donner des cours de rédactions, d’orthographes ou de grammaires. Bref, des cours d’expressions écrites. Plutôt, je vais vous donner des conseils et des démarches pour faire éditer vos manuscrits. Le sujet intéresse donc beaucoup plus ceux qui ont déjà leur(s) manuscrit(s) prêt(s).

Je ne m’aventure pas sur ce terrain seulement parce que je suis convaincu que mon public cible manque de ce qu’il ne devrait pas manquer. C’est parce que déjà, j’ai une première expérience sur le domaine. C’est-à-dire, j’ai édité mon premier ouvrage. Avant, je me posais énormément de questions en ce qui concerne l’édition d’un ouvrage. Et, finalement je trouve qu’il n’y a de mystère aucun. Je suis auteur d’un recueil de poèmes intitulé « Hymnes glacés » édité par Edilivre.

Je vois des gens qui disent : « c’est les moyens qui me manquent sinon je serais déjà compter parmi les écrivains de mon pays.» Des moyens financiers bien évidemment. Moi, je vous dis que l’édition d’un livre ne demande pas de moyens, pas en tout cas autant qu’on le croit. Les maisons d’éditions, généralement, éditent gratuitement les manuscrits qu’ils reçoivent à moins que l’auteur opte pour des frais optionnels complémentaires que va lui proposer éventuellement, l’éditeur.  Ils y a parmi elles (les maisons d’éditions) qui cherchent même des jeunes talentueux à promouvoir.

Commencez donc à tenter votre chance ! Mais où ? Sur internet. Savoir donc se servir d’un ordinateur est le minimum que vous suggère. Naviguez sur internet et recherchez la maison d’édition que vous voulez. Si vous n’en avez pas encore ciblé, vous avez quand même de préférence entre les éditeurs des différents pays. Si vous souhaitez être édité par une maison d’édition africaine par exemple, il vous suffit de rechercher un terme comme le suivant : «  liste des maisons d’éditions africaines.» Si vous rêvez d’être édité par un éditeur français, c’est aussi très simple. Tapez un terme comme celui-là : « liste des maisons d’éditions françaises. » Vous saurez toute suite comment faire votre choix. Surtout si vous obtenez la liste d’un classement par ordre de mérite sur un domaine choisit par l’auteur de la liste que vous avez obtenue sur internet.

Ensuite, vous relevez les noms de celles dont vous êtes convaincus et tapez-les un à un sur le moteur de recherche. Parmi les liens qui s’afficheront il y aura forcément un, au moins, qui vous dirigera sur le site de ladite maison. Vous trouverez leur contact. Vous verrez comment les contacter. Bon nombre d’éditeurs aujourd’hui, offrent le privilège de déposer les manuscrits en ligne. C’est pour faciliter la tâche à des personnes très éloignées.

D’autres, par contre ne l’autorisent pas mais indiquent leur adresse postale par quoi l’on dépose son manuscrit. Mais néanmoins ils vous indiqueront tous comment suivre le processus éditorial de votre livre. Vous aurez la réponse d’autres de vos questions aux différents sites que vous visiterez.

N’hésitez pas, écrivez-leur ! Vous aurez franchi une grande étape. Bonne chance !

mercredi 17 décembre 2014

Club littéraire Tierno Monénembo de Télimélé, Un rendez-vous de jeunes prodiges


Retour sur un parcours exemplaire

Le CLTM à l'àccasion de l'anniversaire de la francophonie, 20 mars 2014

En Guinée, dans la préfecture de Télimélé, il existe une structure de jeunes dite Club Littéraure Tierno Monénembo (CLTM). C’est un club mis en place par une dizaine de jeunes qui venaient fraîchement d’être admis au lycée Ley-wendou de Télimélé. Nous sommes en 2009, au premier trimestre de cette année qui restera toujours marquante dans les souvenirs de bon nombre d’entre eux. Le lycée Ley-Wendou baignait dans un manque considérable de professeurs. Alors, que faire pour compenser ce manquement qui risque d’affecter la formation des pauvres enfants ? La reponse fut vite trouvée par l’un des rares professeurs de français du lycée d’alors, M. Mory Komora, l’ami incontestable de tout bon élève. Il proposa à l’élite (comme on aimait appeler les membres du CLTM)  
de mettre en place une unité lui permettant de produire, gérer et partager du savoir. L’idée n’était que la bienvenue. Un club fut vite mis en place. Et, le 10 mars 2009, dans un après-midi ensoleillé, fut tenue la première assemblée générale du CLTM. D’où la date retenue pour son anniversaire. A noter que le nom Tierno Monénémbo n’était pas venu au hasard. Le prix Renaudot décerné à l’auteur guinéen en 2008, pour son ouvrage « Le roi de Kahel » permit à son nom de remporter le vote entre plusieurs autres de ses compatriotes auteurs d’œuvres littéraires.

 Le club était né. C’est plutôt facile. Mais, les objectifs, les atteindre ne sera pas autant aisé. Le grand paradoxe était que, mêmes certains membres de la direction du lycée _ pourtant censés contribuer à l’émancipation du CLTM _ tentaient coûte que coûte à couper le blé en herbe. Parmi les moyens utilisés, intimider les enfants en menaçant leur avenir. Thierno sadou Haby Diallo, membre fondateur, premier président du CLTM, se souvint toujours de la menace qui lui a fait peur jusqu’à l’obtention de son baccalauréat en 2011. C’est quand l’un des premiers responsables de l’établissement l’avait appelé dans son bureau pour lui dire ceci : «  C’est toi qui recrute des mercenaires pour brûler le lycée ? Je sais que c’est toi le meneur. Mais toi et moi, on se verra. Cela engendrait la peur qui venait s’ajouter au manque d’expérience auquel notre jeune « élite » était confrontée. La seule source de documentation était la bibliothèque préfectorale qui les a, quand bien même, permise de lire les auteurs de leur programme et de prendre largement connaissance des ouvrages de leur idole, Tierno Monénembo. Abdoulaye Gheto Diallo, membre fondateur et premier secrétaire général du CLTM, reconnait: « grâce à la bibliothèque on a pu apprendre des choses, dont je ne sais  pour quelle raison, on ne nous a pas enseignées en classe. Comme les techniques rédactionnelles littéraires, administratives etc. On y a découvert également de grands journaux et revues, des documents nous ayant facilement amené à préparer nos thèmes de conférence et améliorer notre vocabulaire. »

En 2009, vers la fin de l’année scolaire, le CLTM organise sa première activité culturelle. Une conférence-débat dont le thème portait sur le déracinement et l’exode rural. Malgré les maigres moyens des pauvres enfants, tout était bien organisé et un riche menu était sur la table. Mais, aucun invité (élève, professeur, ou directeur) ne fit acte de présence. Le seul prof qui était là est M. Komora, le parrain du CLTM. A ne donc pas compter parmi les inviter, bien sûr. Les enfants on du mal à comprendre pourquoi une telle chose.

Les vacances arrivent et leur donnent suffisamment du temps pour apprendre à corriger le passé. A l’ouverture, ils reviennent avec un plan d’action de neuf activités soit une cérémonie culturelle chaque moi. Quelle détermination ! A l’issue de l’année, compte tenue des programmes en classe et quelques petites difficultés, le plan d’action n’était pas à 100% respecté mais l’essentiel fut fait. Trois activités de grandes envergures restent à retenir :

-la sortie sur le collège-lycée du district de Poré-kiré suivie de la visite de la grotte de Ley Legguel. La conférence-débat sur la violence en milieu scolaire frappa de plein cœur les adolescents villageois ;

-Le concours de poésie inter école  sur l’unité nationale regroupa tous les grands établissements de la commune urbaine de Télimélé et environs, et ;

-La fête de la francophonie, que d’ailleurs, le CLTM ne manque plus tous les 20 mars, attira l’attention du maire de la commune urbaine, Alpha Oumar Bantaya Bah, membre de l’association des maires francophones.
Le CLTM occupait déjà le devant de la scène culturelle de Horé Wéliya. Les demandent d’adhésion affluent et le CLTM est installé sur plus de 5 établissements publics et privés. Les textes juridiques rédigés par l’ami incontestable du CLTM, le professeur de chimie Amadou Djogo Barry permit, de mettre le maximum d’ordre en son sein et ne purent continuer à se soumettre à ses exigences que les membres les plus fidèles. Et, le club Monénembo est doté de son agrément. La diplomatie du proviseur du lycée Ley-wendou, M. S. Oumar Barry permit au CLTM de gagner la bonne place à la préfecture et à la mairie.

Ainsi, au sein même du lycée Ley-Wendou naissent d’autres structures concurrentes. Et celles qui acceptent de rendre au CLTM son droit d’aînesse, comme le Club les amis du Livre, évoluent avec lui en clubs frères. Même si les idées incontournables du professeur de littérature et actuel censeur du lycée Ley-Wendou, favorisa le club ainé à hisser très haut son drapeau. A noter que tout ceci à été faciliter par l’appui considérable de Madame Aminata Camara, directrice de la radio rurale locale. Le club littéraire se fait également entendre par la voix des ondes.

Toute chose est appelé à passer. Cette première génération devait, au début de l’année scolaire 2010-2011, céder sa place à une autre. La relève est bien préparée. Thierno Ismaila Diallo, deuxième président du CLTM, dresse une équipe dynamique qui parie de travailler plus que la première. « C’est un grand honneur pour moi de prendre la commande d’une si importante structure ». Avait-il déclaré lors de sa prise de fonction. Les thèmes les plus marquants sont renvoyés devant le public. C’est le cas de celui qui sera longtemps d’actualité : Les problèmes de l’élève guinéen en général et celui de Télimélé en particulier. « Un thème délicat.» Avaient reconnus les membres de la DPE, direction préfectorale de l’éducation, qui donnèrent la promesse de revoir les conditions des élèves non seulement mais celles des enseignants aussi.  
Aujourd’hui, le club littéraire Tierno Monénembo est détenu par la troisième génération. Alpha Amadou Diallo, actuel président, oriente ses activités sur plusieurs domaines. Notamment, l’assainissement des endroits publics comme l’hôpital préfectoral tout récemment. Un acte grandement significatif en cette période de crise sanitaire due à l’épidémie à  virus ébola qui n’a pas épargné la pauvre préfecture.

Chaque activité que mène le CLTM devient un objectif réussi. Mais il reste encore beaucoup à faire. Deux grands objectifs à long terme sont sur le registre : la création d’un journal au nom de la préfecture et d’une bibliothèque scientifique numérisée.

 Courage !